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INSPIRATION SPORT : "COACH, CREATEURS D'EXPLOITS", Canal+ 

 

Mention spéciale pour l’excellent documentaire de Manuel Herrero diffusé sur Canal + début février, et consacré aux célèbres coachs sportifs parmi lesquels Philippe Lucas, Huang Yubin, Claude Onesta, Graham Henry, Carlo Ancelotti, Colm O’Connell et Toni Nadal, partagent leur histoire, leur vision du coaching, et les grands moments qui ont marqué le parcours de leur(s) champion(s).

 

 

Si les exemples empruntés représentent des sports (collectifs, individuels), des enjeux de compétition et des cultures différentes, il est passionnant de décrypter les concepts communs à ces « spécialistes hors pairs de la matière humaine », qui représentent une formidable source d’inspiration pour le coaching professionnel et le management : la qualité de la relation, une certaine vision de leur rôle, le travail sur le mental, et l’intelligence collective.

 

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1. La qualité de la relation

 

Respect, sincérité, confiance… pour Onesta, Ancelotti et Henry, la clé du succès est avant tout dans la relation que l’entraîneur entretient avec son(ses) athlète(s), un pré-requis qui n’est pas sans rappeler les fondements de ce qui fait peut faire de la relation managériale un vecteur de performance.

 

Un postulat défendu par C. Ancelotti (football, Madrid) qui valorise une relation « de même niveau » avec ses joueurs et considère que le recours à l’autorité est en soi le symptôme d’un problème, ainsi que par C. Onesta (Hand-Ball, France), convaincu qu’« en se parlant bien, en vivant bien ensemble, en se faisant confiance, en se respectant, on peut arriver à des résultats exceptionnels ».

 

Et G. Henry (Rubgy, Nouvelle-Zélande) de valoriser le respect des hommes « qui ont essayé de faire le travail, même s’ils n’ont pas réussi. On apprend des situations difficiles, c’est ce qui nous aide à devenir meilleurs, c’est juste une progression naturelle. »

 

2. Une certaine vision de leur rôle en tant que coach

 

Pour la plupart des coachs interrogés, leur rôle relève presque de la vocation, comme l’explique par exemple C. Onesta : « j’aime m’occuper des autres, sûrement parce que ça me fait du bien à moi, tout simplement parce que je me nourris de cette relation avec les autres, j’aime partager » ou encore T. Nadal (Tennis, Espagne) : « ce qui me plait réellement c’est de voir que je peux aider la personne. Pas forcément qu’elle gagne, mais que je puisse l’aider à gagner, à devenir une meilleure personne, et à surmonter les situations difficiles de la bonne manière ».

 

Une vocation que Colm O’Connell (Athlétisme, Kenya) décrit par une métaphore : « Ma place est en amont. C’est un peu comme si j’étais là pour cuisiner mais pas pour déguster ; pour semer mais pas pour récolter. »

 

Remarquable également, la façon dont ces entraîneurs évoquent les valeurs qui sous-tendent la vision de leur rôle, bien au-delà d’une démarche de performance sportive. Il s’agit, à travers le sport et la relation humaine, de contribuer à quelque chose de plus grand, dans une dimension philosophique, spirituelle ou identitaire. C’est le cas de C. Onesta pour qui « Le résultat devait être associé à une forme presque philosophique (de) mon engagement dans le sport », ou encore C. O’Connell qui évoque son intention d’apporter « une contribution plus grande dans la vie des gens » et la façon dont il a intégré son rôle d’entraîneur d’athlétisme dans sa vie de missionnaire au Kenya : « Je ne me vois pas comme entraîneur d’un côté, puis je me change en prêtre et ensuite en professeur. Les 3 font partie de ma vie et je me présente aux jeunes gens comme une seule et même personne ». Tandis que l’athlète David Rudisha dispute la finale des JO 2012 et que O’Connell a fait le choix de rester au Kenya, il explique : « Notre seul dénominateur commun c’était Dieu. Je pouvais l’atteindre et lui pouvait atteindre David ; notre seul contact était spirituel, à travers la prière. »

 

 

G. Henry évoque quant à lui le rôle du Rugby dans l’identité de la Nouvelle Zélande : « Quand les joueurs portent le maillot noir, c’est le moment pour eux de perpétuer cet héritage dans l’histoire, et en tant qu’entraîneur des All Blacks, tu dois aussi poursuivre cette histoire, et ça signifie gagner ».

 

 3. Gérer la pression, faire face à l’imprévu, et se remettre en question : le travail sur le mental

 

« Notre plus gros challenge c’est le mental. Si vous voulez être les meilleurs dans votre sport vous devez aussi être fort mentalement, ça part de l’esprit. Les jambes s’occuperont de courir mais le moteur c’est la tête.» C. O’Connell.

 

Au service des performances sportives, la dimension psychologique de la préparation sert en effet à gérer la pression, par exemple - comme l’explique Huang Yubin (Chine, gymnastique) - par la mise en place dès le plus jeune âge de cycles de tests réguliers « afin qu’ils s’habituent à ne pas commettre d’erreur sous la pression, en vue des grandes compétitions internationales ».

 

Il s’agit aussi d’apprendre à faire face à l’imprévu par une préparation mentale adaptée : « Après 2007, on a beaucoup travaillé sur la psychologie : biologie du cerveau, force mentale, gestion de la pression. (…) On a compris que face à l’imprévu, on devait se préparer mentalement et ça a fait partie de notre stratégie pour 2011 : quoi qu’il se passe, on sera prêt à le gérer » (G. Henry).

 

Un travail en amont, mais aussi en aval de la compétition, qui peut faire d’une défaite un moment clé de la carrière d’un athlète : « Quand vous perdez, repensez à comment vous vous êtes entrainés. Il faut réfléchir : Que s’est-il passé ? On apprend beaucoup quand on se remet en question ». (C. O’Connell).

 

4. L’intelligence collective au service de l’esprit d’équipe

 

Enfin, pour C. Onesta, G. Henry et C. Ancelotti, l’esprit d’équipe est le résultat d’un processus d’intelligence collective. Bien plus que d’appliquer des directives fixées par l’entraîneur, il s’agit pour les joueurs de contribuer en responsabilité à la stratégie d’un collectif dont le coach facilite le fonctionnement. G. Henry parle à ce sujet d’un « entraînement par consensus » « les joueurs et les entraîneurs ne doivent faire qu’un afin de faire avancer l’équipe » et où le coach doit « faire en sorte que les joueurs se sentent propriétaires, responsables de la direction d’équipe ».

 

Même idée pour C. Ancelotti selon lequel l’entraîneur, porteur d’une vision du jeu, doit permettre aux motivations individuelles (marquer des buts, montrer sa technique) de s’inscrire dans la dimension collective de la motivation de l’équipe. Ce qui signifie par exemple : « convaincre les joueurs de mettre leurs qualités au service des autres et du jeu, te convaincre que ton partenaire est ton meilleur ami sur le terrain, et qu’avec un peu d’altruisme de la part de chacun on peut réussir à créer une bonne alchimie de toute l’équipe ».

 

La preuve par l’exemple est à découvrir dans le récit par C. Onesta du formidable tournant qu’a connu l’équipe de France de Hand-Ball lors des championnats du monde de 2005, après 4 ans de défaites consécutives. A ce moment de rupture et sous l’impulsion du coach, c’est grâce à la réflexion collective autour du jeu et de la vie de l’équipe que la transformation s’est mise en place, développant une force collective au-delà du potentiel et des talents individuels. « Le niveau d’engagement, le niveau d’investissement, le niveau de détermination n’a rien de comparable chez des gens qui ont le sentiment de participer à une aventure qu’ils ont choisie. A partir du moment où ce projet est le vôtre et que vous l’avez construit avec des hommes, au moment où ce projet est en délicatesse, vous allez vous fédérer, vous allez tout mettre en œuvre à ce moment-là pour que ça n’échoue pas ».

 

En savoir plus sur le documentaire.

 

 

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