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Insight Coaching : Lorsque l’injonction au bien-être devient paradoxale

Assez d’entendre et de lire ici ou là que sans une dose quotidienne de méditation ou autre pratique d’intériorité, point de salut ? Las des injonctions répétées à la gratitude, la bienveillance, à la quête du bien-être à tout prix ?

 

Médiation, yoga, sophrologie… l’injonction à la sérénité semble en effet devenir paradoxale et faire émerger de nouveaux phénomènes :

 

-        D’abord une sorte de décalage, parfois caricatural, entre ceux qui pratiquent et… les autres. Un clivage paradoxal dès lors que l’aspiration au bien-être devient idéologie, voire culte de la performance, comme si, finalement, autant de pression était nécessaire pour retrouver le bien-être que celle qui a contribué à créer la souffrance.

-        La promotion des injonctions inverses - arrêtez tout, ça suffit – qui commencent à fleurir sur les rayonnages consacrés au développement personnel : Foutez-vous la paix de Fabrice Midal, L’art subtil de s’en foutre de Marck Manson, etc. Bref, une injonction nouvelle à ne pas répondre aux injonctions.

-        Et le phénomène classique de l’appropriation médiatique qui, en vulgarisant une pratique ou une discipline, finit par en dénaturer l’essence et à la réduire à son caractère spectaculaire ou excentrique. Ainsi choisirait-on une pratique de développement personnel comme on choisit une veste ou une voiture, parce qu’elle est à la mode ou qu’elle flatte notre ego ?

 

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Et s’il n’y avait qu’une idée à retenir ?

 

 

Ce ne serait pas une injonction mais une invitation, celle d’être pleinement présent à ce qui est. Dans ce sens et quelle que soit la pratique, toute approche thérapeutique, neuroscientifique, psychocorporelle ou spirituelle visant à cultiver la qualité de présence pose les bases du développement personnel.

 

 

Et chacun à son rythme et suivant ses besoins, les solutions sont déjà à portée de main, pour peu que l’on veuille y prêter attention. La nécessité d'une initiation ou d'un modèle est relative : cela peut simplement commencer par réapprendre à ne faire qu’une seule chose à la fois, en m’efforçant d’être pleinement présent à ce que je suis et à ce que je fais. Lire une histoire à son enfant, écouter son collaborateur, se brosser les dents, patienter dans une file d’attente libéré du recours quasi-automatique à notre alter ego digital…. Chaque geste de la vie quotidienne est une occasion de développer l’état de pleine présence, par un retour à l’essentiel et à la simplicité. Avec, à la clé, une nouvelle capacité d’ancrage et de relation à soi et à l’autre.

 

En yoga, c’est à travers le Bhavana que s’exprime cette notion d’intention : sorte d’objectif que je me fixe pour développer une capacité précise, grâce une pratique régulière que je poursuis à chaque fois que j’en ai l’occasion. Choisir de vivre en pleine conscience l’un de nos gestes quotidiens peut être un Bhavana pour chacun d’entre nous.

 

Loin d’un phénomène de mode…

 

C’est l’idée que développait d’ailleurs K.G. Durckheim, philosophe et psychologue, il y a plus de 50 ans déjà : Pour la plupart des gens, le quotidien, ce sont les petites choses qui se répètent, les ennuis, le besoin de gagner de l’argent, de répondre aux exigences de la communauté, etc. Toutes choses qui nous empêchent de rester concentrés sur nous-mêmes. (…) Comment commencer ? Où commencer ? Je crois que chacun devrait avoir son exercice dans son quotidien. Il faudrait trouver l’activité qui se répète tous les jours de la même façon, dans les mêmes gestes. Le vieil artisan est l’exemple même de l’homme dans cette situation. Regardez un potier, un céramiste, un cordonnier ! Regardez comment il touche son outil, regardez son visage ! (…) Chacun de nous doit se poser la question de savoir s’il n’y a pas une action de son quotidien qui pourrait devenir son exercice sur le chemin intérieur. (K.G. Durckheim, Le Centre de l’être, propos recueillis par Jacques Castermane).

 

Less is more !

 

 

N’est-ce pas, en effet, lorsqu’elles accordent plus d’importance au « faire » qu’à l’« être » que les injonctions au bien-être deviennent paradoxales ? Là où « faire de la méditation » n’a pas le même sens qu’ « être en état de pleine conscience » ? Deux dimensions entre lesquelles c’est assurément le recours à la simplicité qui favorisera un équilibre aussi subtil qu’essentiel.

 

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